
Pascale BOIGONTIER, 2009
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Né à Tunis en 1948, André Marzuk s'installe à Nice avec sa famille en 1961. Adolescent, il intègre l'École Municipale d'Arts Plastiques Villa Thiole, où l'encouragement de ses professeurs — les peintres Marcel Huguenin et Monique Giresse notamment — forge sa vocation. Un accident lui fracture le coude droit à la veille de l'examen de fin d'année : il dessine de la main gauche et obtient néanmoins le Premier Prix de dessin. Admis aux Arts Décoratifs de Nice, il compte parmi les meilleurs élèves de sa promotion, aux côtés d'André Valensi et de Zia Mirabdolbaghi. Gérard Eppelé, son professeur de dessin et de peinture, restera un ami de toute une vie.
En 1966, il est reçu aux Beaux-Arts de Paris, dont l'académisme le déçoit profondément. C'est ailleurs qu'il trouve son terreau : dans le Pop Art, le Nouveau Réalisme et la Figuration narrative, et dans l'effervescence d'un petit atelier de la rue Liancourt, au cœur du 14e arrondissement, où se retrouve bientôt tout un cercle de plasticiens, de cinéastes, de poètes et d'écrivains.
Mai 68 le marque durablement. L'année suivante, dans un geste radical, il recouvre entièrement son atelier d'une peinture monochrome gris-mauve — Hiroshima/La Mort —, sacrifiant à l'œuvre ses livres, son matériel et les toiles mêmes qui étaient aux murs. Une immersion dans la mort, une méditation sur la vie, et sur l'infime qui les sépare. En 1970, après un dernier tableau au titre éloquent, Ras le bol !, il quitte momentanément la peinture pour se confronter au réel : ouvrier chez Citroën quai de Javel, puis ouvrier agricole en Bretagne. Ces années d'engagement le mènent aussi au journalisme naissant — il participe à la création du quotidien Libération — et à la musique : la découverte du zarb, percussion traditionnelle persane, dont il entreprend l'étude exigeante et qu'il enseignera par la suite, avec l'ouverture aux musiques du monde, dans plusieurs institutions bretonnes.
En 1979, il regagne la Côte d'Azur avec Brigitte Delage, la compagne de sa vie. Soucieux de ne dépendre d'aucune galerie, il fait le choix de l'indépendance : il mènera de front ses recherches d'artiste et le métier de peintre-décorateur. Lauréat du Prix des Métiers d'Art de la Ville de Nice en 1983, il s'installe dans un atelier du Vieux-Nice, rue Pairolière, qu'il occupera trente ans.
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14 Sep 2026
11 Jul 2026
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