
Né en 1948, André Marzuk vit et travaille à Nice. Après avoir étudié à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Nice et aux Beaux-Arts de Paris, Marzuk côtoie un temps Pop Art et Figuration narrative. Les réflexions de l’après 68, auxquelles il participe activement, le persuadent de rejeter une peinture "politique", qu’il juge inadaptée à la situation culturelle de la France. Une longue réflexion l’engage dans une exploration de quelques universaux éthiques qui fondent notre humanité, une poétique de l’intime, une mise en lumière des profondeurs du Soi.
Son travail s’inscrit dans une expression contemporaine nourrie de poésie, de musique, de philosophie et de science. Certain qu’une éthique de l’art et de l’artiste doit être inscrite au coeur de toute démarche artistique, Marzuk travaille à un art magnifiant notre part humaine.
Exposition dans de nombreuses villes en France et dans le monde : Nice, Paris, Bordeaux, Strasbourg, New-York, Venise, Shanghai, Royaume-Uni, Tunis, Fort-de-France où il est invité par l’UNESCO pour un hommage international au poète Aimé Césaire, dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Né à Tunis en 1948, sa famille s'installe à Nice en 1961.
Après le lycée du Parc impérial, à 16 ans il intègre l'École Municipale d'Arts Plastiques "Villa Thiole", où l'encouragement de ses professeurs – les peintres Marcel Huguenin et Monique Giresse notamment – forge sa vocation. Un accident lui fracture le coude droit à la veille de l'examen de fin d'année : il dessine de la main gauche et obtient néanmoins le Premier Prix de dessin. Admis à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Nice, il compte parmi les meilleurs élèves de sa promotion, aux côtés d'André Valensi et de Zia Mirabdolbaghi. Gérard Eppelé, son professeur de dessin et de peinture, restera un ami de toute une vie.En 1966, il est reçu au concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris, dont, hélas, l'académisme le déçoit profondément. C'est ailleurs qu'il trouve son terreau : dans le Pop Art, le Nouveau Réalisme et la Figuration narrative, et dans l'effervescence d'un petit atelier de la rue Liancourt, au cœur du 14e arrondissement, où se retrouve bientôt tout un cercle de plasticiens, de cinéastes, de poètes et d'écrivains.
Mai 68 le marque durablement. L'année suivante, dans un geste radical, il recouvre entièrement son atelier d'une peinture monochrome gris-mauve – Hiroshima/La Mort –, sacrifiant à l'œuvre ses livres, son matériel et les toiles mêmes qui étaient aux murs. Une immersion dans la mort, une méditation sur la vie, et sur l'infime qui les sépare. En 1970, après un dernier tableau au titre éloquent, Ras le bol !, il quitte momentanément la peinture pour se confronter au réel : ouvrier chez Citroën quai de Javel, puis ouvrier agricole en Bretagne. Ces années d'engagement le mènent aussi au journalisme naissant – il participe à la création du quotidien Libération – et à la musique : la découverte du zarb, percussion traditionnelle classique persane, dont il entreprend l'étude exigeante et qu'il enseignera par la suite, avec l'ouverture aux musiques du monde, dans plusieurs institutions en Bretagne.
En 1979, il regagne la Côte d'Azur avec Brigitte Delage, la compagne de sa vie. Soucieux de ne dépendre d'aucune galerie, il fait le choix de l'indépendance : il mènera de front ses recherches d'artiste et le métier de peintre-décorateur.
Lauréat du Prix des Métiers d'Art de la Ville de Nice en 1983, la Mairie l'installe dans un atelier du Vieux-Nice, 25 rue Pairolière, qu'il occupera trente ans.C'est là que naît, en 1984, la série des Polylobes, peintures à l'acrylique et dorure à la feuille sur bois, à laquelle il consacre huit années et qu'il expose pour la première fois en 1991 au Centre Culturel Henri Matisse de Vence. Suivent plusieurs cycles majeurs : les Stèles, Recueil de silences – pastels bleu monochrome d'après Georges de La Tour –, Au sommet des terrasses du ciel, dialogue avec la poésie chinoise médiévale, et le monumental Portrait d'une Femme, trente-six toiles peintes entre 1993 et 1998.
En 1998, invité par l'UNESCO à l'hommage rendu à Aimé Césaire à Fort-de-France, il rencontre le poète. De cet échange naît le livre d'artiste Cœur ignition : vingt-deux dessins à la flamme accompagnant vingt-deux fragments de ses poèmes. En 2002, devant la presse martiniquaise réunie, Césaire le signe avec enthousiasme : “Marzuk m'a lu, il m'a compris. Il est allé à l'essentiel et le message est implicitement contenu dans ce livre. Il a été au centre de ma création.”
S'ouvre alors une décennie de portraits. L'Offrande Picturale rassemble les figures qu'il admire – Mahler, Monet, Satie, Matisse, Billie Holiday, Victor Hugo, Colette, Claude Chabrol, dont il fait le portrait sur le tournage de "La Fleur du mal" – tandis que son œuvre voyage : Unesco à Paris, Shanghai, Monaco, la Martinique, la Tunisie de son enfance, où il est invité pour des master classes et des conférences.
Parallèlement à la peinture, Marzuk développe une œuvre vidéo singulière : plus d'une douzaine de courts métrages où ses peintures et dessins dialoguent avec des textes d'Aimé Césaire, d'Yvon Le Men, de Christian Bobin, d'Olympia Alberti ou de Colette Fellous.
En 2010, le cinéaste Jean-Claude Fraicher lui consacre un film André Marzuk, Fragments de soi.
Les années suivantes voient naître Concerto pour deux cœurs, quinze toiles accompagnées de ses premières grandes céramiques, puis Inner Landscapes, paysages intérieurs à l'huile exposés en France et au Royaume-Uni, et La poignante beauté des ciels. En 2017, deux jours après la disparition de Simone Veil, il dessine son portrait à la pierre noire ; il sera exposé l'année suivante à Nice, à l'occasion de l'exposition consacrée au Mémorial de la Shoah.
Plusieurs livres jalonnent ce parcours – Regard sur les 20 dernières années 1985-2005, Une œuvre protéiforme 2006-2018, Polylobes, une œuvre peinte et ses développements 1984-2018, Dessins à la flamme – ainsi qu'un recueil de réflexions, Points de vue sur l'Art, paru en 2021.
Entre rétrospectives d'envergure, livres d'art rehaussés à l'or fin et quête picturale passionnée, retour sur cinq années de création incandescente (2021-2026).Malgré les tempêtes sanitaires et les soubresauts du monde culturel, la trajectoire d'André Marzuk entre 2021 et 2026 s'apparente à une traversée fulgurante. L'artiste plasticien n'a cessé de multiplier les projets, oscillant avec aisance entre la maîtrise du dessin monumental, le raffinement absolu de la bibliophilie et l'intensité de la peinture à l'huile.Au sortir des parenthèses imposées par l'année 2021 Marzuk investit le 109, Centre des cultures contemporaines à Nice, pour une résidence décisive. C'est là que prennent forme deux pièces fondatrices : son monumental dessin de cinq mètres, Vers l’humanité, ainsi que l'installation immersive Hiroshima/La Mort.
Ces recherches au long cours posaient déjà les jalons d'un rendez-vous majeur avec son public.L'année 2022 marque une étape charnière dans sa carrière avec la double rétrospective “Panorama d’une œuvre”. Rassemblant plus de 140 créations réalisées entre 1967 et 2022, cet événement à deux visages a permis d'embrasser toute la richesse de sa démarche :
– L’Opus 1, “Penser en images”, aux Musées de La Citadelle de Villefranche-sur-Mer mettait à l'honneur son œuvre dessinée. Penser en images c'est révéler l'invisible : du dessin à la flamme aux éclats de feuille d'or, le geste d'André Marzuk cherche sans relâche la poésie du sacré.
– L’Opus 2, “Les yeux brûlants de couleurs”, au Centre International d'Art Contemporain Château-Musée de Carros, célébrait sa puissance colorée, immortalisée dans un film réalisé par Janaka Samarakoon.
Parallèlement à son engagement institutionnel – notamment en tant que Président du collectif d’artistes "stArt" en 2022 et 2023, où il orchestre la grande exposition Frontières au 109 –, Marzuk développe une passion singulière pour l'objet-livre. Entre 2023 et 2026, il donne naissance à des séries rares, véritables joyaux de bibliophilie : Cœur Vif-Ardent (2023) : 7 exemplaires d'exception associant dessins “à la flamme”, fragments de poèmes d'Aimé Césaire et dorures à l'or fin 22 carats. Et Paroles de flamme (2023) : 8 exemplaires célébrant la poésie mystique du poète médiéval persan Rumi dans un écrin doré à la main.
En 2025 Iconique fulgurance est édité par La Diane Française – collection “Apocalypse des peintres” – avec la philosophe et poète Claude Montserrat.
Enfin, en 2026, a lieu, aux Éditions de l'Ormaie, la parution du livre grand public Cœur ignition pour faire redécouvrir son chef-d'œuvre de 2002.
Marzuk s'est replongé ces dernières années dans la nudité de l'atelier et le travail de la peinture à l'huile. Après plus de deux ans de recherches minutieuses, il achève en 2025 son grand ensemble La Passion Van Gogh - Hommage à Vincent. S'enchaîne immédiatement une nouvelle impulsion créative majeure : la suite D’éperdue tendresse. S'étalant entre l'été 2025 et le printemps 2026, cette série impressionnante de 29 diptyques, hommage à l'énergie pure, témoigne d'une maturité plastique au sommet de son art, où le lyrisme des formes répond à la vivacité de la matière.
Peintre, dessinateur, céramiste et vidéaste, André Marzuk construit depuis plus d'un demi-siècle une œuvre traversée par une même exigence : celle d'une peinture conçue comme un espace de recueillement, nourrie de musique, de poésie, de sciences et de rencontres – et portée par une indépendance farouchement préservée depuis ses débuts. À travers ses expositions récentes à la Galerie Laure Matarasso ou à la Galerie Quadrige à Nice, André Marzuk confirme sa place essentielle dans le paysage contemporain méditerranéen.