Je considère les Châteaux d’eau comme ma première série de tableaux. Certes, il y avait eu beaucoup de toiles de ciels et de mers, mais je n’avais pas alors le sentiment de peindre une série, c’est-à-dire un travail que l’on pousse, que l’on fait évoluer. Les Châteaux d’eau sont apparus, au retour d’une escapade en Beauce, dans de tout petits dessins au début. Mais très vite, de dessins en toiles, de petits formats en plus grands, ils sont devenus prégnants, lancinants, obsédants. Ils n’étaient en aucun cas pour moi à cette époque, une représentation du réel. Je ne sais de quels mondes ils étaient les témoins. Je les ai tous peints en violet, ce violet qui me mènera à Hiroshima/La Mort. Je n’avais pas encore vingt et un ans.